L'alouette

Mise en scène : Sophie-Iris Aguettant
Assistant : Jean-Denis Monory
Scŕnographie : François Destors
Régie : Philippe Bourgeais
Costumes : Geneviève David
Direction musicale : Eveline Causse
Réalisation technique : Jean-Baptiste Vincent / Profil'Scène sarl

L'alouette L'alouette

JEANNE : Cécile Maudet
CHARLES : Jean-Denis Monory
CAUCHON : André Sanfratello
WARWICK : Michel B&eaute;atrix
L'INQUISITEUR : Ian Contreras
BEAUDRICOURT
LE PROMOTEUR
LA TRÉMOUILLE : Laurent Charoy
L'ARCHEVÊQUE
LA HIRE : Olivier Fenoy
AGNÈS
LA MÈRE : Isabelle Forest
LA REINE YOLANDE : Marie-Aimée du Halgouët
JEANNE à Domrémy
LA PETITE REINE : Anne-Louise de Ségogne
LE PÈRE
LE BOURREAU : Christian Joubert
FRÈRE LADVENU : Olivier Guillard
LE FRÈRE
BOUDOUSSE : Vincent Joncquez

Une troupe de comédiens en quête de sens se lance dans la création de «l'Alouette». Dès le premier échauffement l'enjeu est là : le silence a quelque chose de sacré, les corps cherchent le danger, les voix se risquent, sonnent comme des trompes de chasse, la peur monte, la peur du feu...
On ne joue pas impunément le procès de Jeanne d'Arc. Car elle a «joué» sa vie elle aussi comme on se risque dans un rôle, ou plutôt dans ce qu'on appelle au théâtre un "contre-emploi" : travestie, devant apprendre à monter à cheval, se redisant son texte avant de pénétrer dans la salle du trône...
Le trac, elle ne l'a pas connu seulement à Vaucouleurs pour affronter « le gros Beaudricourt ». Il est au rendez-vous tous les jours de cette courte et interminable chevauchée, chaque fois plus fort, chaque fois traversé, pour ouvrir à chaque fois un peu plus la porte à l'insondable liberté et faire résonner au fond, tout au fond de la conscience humaine « ces deux notes claires, ce chant joyeux et absurde d'une petite alouette immobile dans le soleil pendant qu'on lui tire dessus ». Les autres, pourtant, ceux qui lui tirent dessus, ils ont aussi la même quête, tous, y compris l'inquisiteur ; mais de là à en payer le prix... C'est le mystère que les acteurs cherchent à explorer.
Un vent de liberté souffle dans la mise en scène, d'un tableau à l'autre, tantôt léger tantôt lourd, parfois violent, parfois glacial. De la comédie au tragique ; Jeanne qui rit, Jeanne qui prie, Jeanne qui pleure.
Cauchon et Warwick, respectivement metteur en scène et assistant conduisent le jeu, font le point, mènent l'histoire... jusqu'au moment où celle-ci leur échappe : en plein milieu du bûcher, surgit Beaudricourt qui réclame le sacre, et tous les autres lui emboîtent le pas.
La vie est une longue séance de répétition ; un beau jour, le spectacle est prêt. Le rideau peut se déchirer. Paraît l'homme dans toute sa gloire. Lui qui avait peur de tout et surtout de lui-même, qui se trouvait laid et mal-aimé, le voilà sur un trône. A son côté, une petite alouette qu'il avait écrasée sans la voir et qui a offert sa vie pour lui. Autour de lui, une grande lumière et à ses pieds... mais au fait, comment représenter les anges ?

Sophie-Iris Aguettant